Juin 2013 | Vol. 4 | N°2

L’apprentissage informel au Canada, sous toutes ses coutures

par

Quoi? Où? Quand? Comment? Pourquoi? L’apprentissage informel au Canada est scruté à la loupe dans un impressionnant rapport de Christine Wihak et Gail Hall préparé pour, et financé par, le Conseil canadien sur l’apprentissage, qui a cessé ses activités en 2012. Ce rapport, publié un an plus tôt, rend compte des plus récentes recherches et des pratiques sur le sujet.

Les auteures proposent d’abord un tour d’horizon de la recherche scientifique qui dépasse la frontière canadienne. Elles concluent, à l’instar d’autres chercheurs, qu’il n’y a pas de consensus sur le terme. Les grandes enquêtes canadiennes, américaines, australiennes et britanniques, par exemple, faute d’utiliser les mêmes définitions, peinent à cerner le phénomène. À preuve, le pourcentage de répondants qui déclarent s’être livrés à une forme d’apprentissage informel varie considérablement selon les enquêtes allant de 30% à plus de 90%. Néanmoins, l’usage de l’expression « apprentissage informel lié au travail » persiste.

La présentation des auteures permet aussi de se familiariser avec les principaux travaux théoriques sur les processus et les contenus de l’apprentissage informel, les caractéristiques des apprenants et les facteurs organisationnels qui favorisent ce type d’apprentissage.

Wihak et Hall s’attardent par ailleurs avec bonheur à des études de cas, les présentant par catégories d’entreprises, grandes, petites, ainsi que les travailleurs autonomes, par type d’occupations tels professions libérales, travailleurs des services et des industries, ou d’autres groupes comme les syndiqués ou les immigrants. Certains cas surprennent, comme celui de ces travailleurs d’une station d’alevinage du poisson qui, par le biais d’observations effectuées pendant leur routine quotidienne – l’alimentation des poissons –, ont acquis une compréhension holistique et approfondie de la culture du poisson. Comme quoi même le travail répétitif permet des apprentissages riches.

Les auteures balisent de plus l’univers de la pratique : pratiques de soutien de la part des entreprises, outils d’évaluation, supports tels les réseaux et internet, politiques, mesures ou programmes en provenance des partenaires sociaux et des divers paliers de gouvernements. Elles complètent en identifiant les personnes, les groupes et les organisations clés au Canada qui s’intéressent à l’apprentissage informel ainsi que les outils et les services qu’ils offrent dans le domaine.

En conclusion, Wihak et Hall proposent un plan de « partage des connaissances » sur le sujet, entre spécialistes et avec le grand public, destiné à être mis en œuvre par le Centre du savoir sur l’apprentissage et le milieu du travail. Quelques recommandations intéressantes pour le Québec sont suggérées, cela dans la perspective d’une nouvelle politique de la formation continue. Nul doute qu’elles seront utiles pour faire avancer la compréhension, les recherches et l’application de l’apprentissage informel lié au travail.

Références

WIHAK, C. & HALL, G. (2011), L’apprentissage informel lié au travail, Centre pour les compétences en milieu de travail, 56 pages.

Extrait

L’apprentissage informel au Canada est scruté à la loupe dans un impressionnant rapport préparé pour, et financé par, le Conseil canadien sur l’apprentissage, qui a cessé ses activités en 2012. En conclusion de ce rapport, publié en 2011, les auteurs proposent quelques recommandations intéressantes pour une politique de la formation continue. Utile.

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