Mars 2013 | Vol. 4 | N°1

Mot de la redaction

La reconnaissance des acquis et des compétences

Aujourd’hui indissociable de la formation tout au long de la vie, la reconnaissance des acquis des apprentissages non formels ou informels (RAANFI), selon l’expression internationale, est en plein essor dans les pays de l’OCDE. Dans ce numéro, il est beaucoup question de la VAE française qui fêtait, en 2012, son dixième aniversaire.

Que nous apprend la France ? Beaucoup de choses, mais nous attirons l’attention sur deux éléments. Le premier, les résultats des statistiques nationales et des enquêtes sur la VAE montrent que la RAANFI favorise le développement professionnel et personnel des personnes, ce dont on pouvait se douter, même des moins qualifiées, ce qui est plus surprenant considérant l’exigence des procédures françaises. Le second, c’est la matière à réflexion que donne l’expérience française. Entre autres, l’importance des investissements. L’État investit substantiellement dans le « système VAE ». Même en amont de la démarche, il y a des services non liés aux prestataires de formation, conçus pour favoriser la neutralité de l’information et de l’orientation. Quant aux partenaires sociaux, ils ne sont pas en reste puisque les employés se font financer leur démarche via le Plan de formation de l’entreprise, le Congé (CIF) ou le Droit (DIF) individuel de formation, des mesures que permettent les ponctions obligatoires du « 1% français ». En effet, à la différence de notre 1%, il y a dans le 1% français un pourcentage réservé à des ponctions obligatoires pour le PFE, le CIF et le DIF. Pour plus d’information là-dessus, relire l’article que nous avons consacré à ce sujet dans le bulletin du mois de novembre 2011 intitulé « Modalités du 1% français, singularité du 1% québécois ».

Ce qui nous renvoie à cette question, la faiblesse de nos moyens ne favorise-t-elle pas le développement des institutions plus que des personnes? Une question qui mérite d’être posée. Sur le plan méthodologique, les français préfèrent une approche globale, pour laquelle ils ont des fondements scientifiques. Nous avons nous une approche « compétence par compétence » ou « bloc de compétences par bloc de compétences » pour laquelle nous avons peu de fondements scientifiques. Est-elle aussi opérationnelle qu’on le pense et rend-elle justice à l’expérience ? Il y a là tout un champ de recherche à explorer… ou à réactiver… pour les chercheurs et praticiens québécois.

Les États-Unis s’intéressent aussi à la RAANFI. Et là, nous sommes en terrain plus connu. Une étude produite par le Council for Adult & Experiential Learning (CAEL) démontre que les étudiants qui ont bénéficié de services de reconnaissance des acquis et des compétences obtiennent un taux de diplomation plus élevé, ont une meilleure persévérance scolaire et terminent leurs études plus rapidement. Les chercheurs évoquent même la possibilité d’un PLA-effect.

La formation en entreprise

Depuis une vingtaine d’années, nous reconnaissons que l’apprentissage informel dans les organisations est quantitativement plus important que l’apprentissage formel. Toutefois, il y a un problème de taille puisque ce type d’apprentissage ne se laisse pas appréhender facilement, indissociable qu’il est des activités de la vie quotidienne liées au travail, à la famille ou aux loisirs. Dans ce numéro, nous présentons les résultats d’une étude canadienne récente qui propose un cadre pour mieux comprendre l’apprentissage informel de même que les conditions qui le favorisent.

Le e-­learning

Le comité sectoriel de main-d’œuvre du commerce de l’alimentation (CSMO-CA) a développé un
programme de formation en ligne grâce au soutien du Fonds national de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre (FNDRCMO). L’expérience qu’ils ont vécue fut difficile, voire éprouvante, mais au final, les formations sont un succès. Si l’Observatoire a choisi de présenter cette expérience, c’est parce qu’elle illustre bien les défis que représente le développement de la formation en ligne.

Facebook
Google+
https://oce.uqam.ca/publication/mars-2013-vol-4-num-1">
LinkedIn