Mars 2012 | Vol. 3 | N°1 Zoom Imprimer cet article Imprimer cet article

Le système d’apprentissage australien

| mars 2012

En 2011, les adultes de plus de 25 ans représentaient près de la moitié des apprentis en Australie. En outre, la même année, avec 39 apprentis sur 1 000 personnes en emploi, ce pays comptait autant de personnes en apprentissage que l’Allemagne (40), l’Autriche (33) et la Suisse (43), pays phares du système dual.

L’intérêt de l’Australie réside en ceci d’avoir réussi à développer un système de formation professionnelle et technique universel. Que l’on emprunte la voie scolaire ou celle de l’apprentissage, que l’on ait 16 ans ou 45 ans, que l’on soit en début ou à mi-carrière, on suit le même programme (avec des aménagements de reconnaissance des compétences pour tenir compte de l’expérience acquise) et on obtient le même certificat ou diplôme reconnu nationalement. À cela ajoutons que la majorité des certifications acquises via la voie de l’apprentissage sont de niveau 3 (correspondant au DEP québécois), c’est plus qu’il n’en faut pour attirer notre attention sur l’expérience australienne.

Le succès du système d’apprentissage australien en quelques chiffres

Les chiffres du National Centre for Vocational Education Research (NCVER) montrent que le système d’apprentissage australien s’est universalisé (tableau suivant). En effet, il s’adresse maintenant autant aux jeunes qu’aux adultes – les 25 ans et plus formant 46% de la clientèle – et à tous les travailleurs, qu’ils débutent sur le marché du travail (newly commencing workers) ou qu’ils y soient depuis un certain temps (existing workers). À cet effet, on notera la croissance importante des 45 ans et plus (33%) et des existing workers (32%) entre 2002 et 2010.

Ensuite, cette extension du système ne s’est pas faite au détriment de la qualité des certifications ce qui est, en soi, une véritable prouesse. C’est même le contraire qui s’est produit. En effet, si les certificats de niveau III (équivalents aux DEP et aux AEP) prédominent encore, les certificats des niveaux I et II ont diminué considérablement au profit des certificats des niveaux IV et plus (équivalents aux DEC et aux AEC), lesquels représentent maintenant 24% de toutes les certifications obtenues via la voie de l’apprentissage.

Caractéristiques des apprentis du système d’apprentissage australien

2002 2010 Augmentation
(,000) (,000) (%) 2002/2010
19 ans et moins 99,4 115,1 37% 14%
20 à 24 ans 49,2 54,1 17% 9%
25 à 44 ans 85,4 100,1 32% 15%
45 ans et plus 30,6 44,8 14% 32%
Certificat I or II 73,5 35,4 11% -108%
Certificat III 170,1 203,9 65% 17%
Certificat IV 20,4 58,8 19% 65%
Diplôme /diplôme avancé 0,6 15,9 5% 96%
Existing worker 71,1 103,9 33% 32%
Newly commencing worker 193,2 210,1 67% 8%
School-based 6,1 18,7 6% 67%
Not school-based 258,5 295,3 94% 12%
TOTAL 264,6 314,0 100% 16%

Source : NCVER, Australian vocational education and training statistics, Apprentices and trainees, Annual 2010, tableau 3. Les apprentis dont il est question dans ce tableau sont ceux qui débutent un programme et non ceux qui obtiennent un certificat.

Autre phénomène intéressant, l’apprentissage s’est aussi étendu aux plus jeunes qui éprouvent peu d’intérêt pour l’école. Cette voie spéciale intitulée school-based permet à ces jeunes d’entrer dans un programme d’apprentissage tout en terminant simultanément un diplôme d’études secondaires. Cette clientèle de « décrocheurs potentiels », peu nombreux il est vrai, a tout de même augmentée de 67% entre 2002 et 2010.

Qu’est-ce que l’apprentissage en Australie?

L’apprentissage en Australie c’est globalement ceci : un emploi rémunéré sous contrat d’apprentissage avec un salaire combiné à une formation structurée sur (on-the-job training) et en dehors (off-the-job training) du lieu de travail, qui mène à une certification nationale1)La notion on-the-job training signifie : « activities that would be recognised as training by staff (not the sort of learning by experience that could take place all the time), where this activity takes place at the desk or place where the person receiving the training usually works ». Alors que la notion off-the-job training signifie « all training given away from the individual’s immediate work position. It can be given at your premises or elsewhere ».. Le lecteur intéressé au processus administratif relatif aux contrats d’apprentissage peut consulter ce document sur les acteurs impliqués et leur rôle et celui-ci sur les étapes du processus.

Pour une idée des domaines de formation couverts, voici des chiffres sur le nombre d’apprentis inscrits par industries représentées par les conseils sectoriels australiens.

Répartition des apprentis par conseils sectoriels

(,000) (%)
AgriFood 21,3 6,8
Community Services and Health 24,4 7,8
Construction and Property Services 31,5 10,0
ElectroComms and Energy Utilities 12,0 3,8
ForestWorks 0,9 0,3
Government 2,6 0,8
Innovation and Business 70,9 22,6
Manufacturing 41,2 13,1
Service 82,1 26,2
Skills DMC * 6,0 1,9
Transport and Logistics 20,6 6,6
314,0 100,0

Source : NCVER, Australian vocational education and training statistics, Apprentices and trainees, Annual 2010, tableau 6. Les apprentis dont il est question dans ce tableau sont ceux qui débutent un programme et non ceux qui obtiennent un certificat.

*Skills DMC signifie : Mining (Coal & Metalliferous), Civil Construction, Quarrying (Extractive) and Drilling industries skills council.

Le National Centre for Vocational Education Research (NCVER) publie des chiffres exhaustifs sur le système d’apprentissage australien sur, entre autres, les caractéristiques des apprentis, les taux d’inscription et de certification, la durée des apprentissages, autant de variables donnant lieu à de multiples croisements, par année, industrie, occupation, « training package », etc. Nous invitons le lecteur intéressé à en connaître davantage sur le système d’apprentissage australien à télécharger ce document Australian vocational education and training statistics, Apprentices and trainees, Annual 2010.

Histoire, évolution et volonté politique derrière le développement de ce système

Bien que l’apprentissage existe en Australie depuis le début des colonies, influencé à l’origine par le modèle de l’Angleterre, il a évolué surtout au cours des 40 dernières années. Voici relatée, à grands traits, cette évolution.

Dans les années 1970, les australiens ont d’abord créé les Technical and Further Education (TAFE) ceci à des fins de renforcement de l’apprentissage traditionnel. À partir de ce moment, les TAFE ont offert la partie off-the-job training – la partie on-the-job relevant des entreprises. En parallèle, toutefois, les TAFE ont développé une voie scolaire2)Pour faire un parallèle avec le Québec, les Technical and Further Education regroupe sous le même toit l’enseignement professionnel du secondaire et l’enseignement technique des cégeps.. Actuellement, la voie scolaire prédomine regroupant 79% de la clientèle de la formation professionnelle et technique3)La formation professionnelle et technique est l’équivalent québécois de la Vocational Education and Training (VET) que les européens désignent sous l’appellation d’Éducation et formation professionnelle (EFP). La VET englobe la formation initiale et continue dispensées via la voie scolaire ou la voie de l’apprentissage..

Dans les années 1980, les australiens ont ajouté à l’apprentissage traditionnel (apprenticeship), un nouveau dispositif, les « traineeship ». Si aujourd’hui on tend de moins en moins à distinguer les deux, l’apprenticeship demeure associé aux métiers traditionnels avec des certificats de niveaux III et IV qui s’acquièrent sur une durée de 3 à 4 ans. Quant au traineeship, il couvre un plus grand nombre d’occupations et il est davantage associé aux services avec des certificats des niveaux II et III, mais aussi et, de plus en plus, s’ajoutent des niveaux plus élevés. Et enfin, dans les années 1990, l’apprentissage va s’étendre aux « existing–workers », soit des travailleurs à l’emploi d’une entreprise depuis au moins trois mois.

À la fin des années 1990, les australiens vont réformer leur système de formation professionnelle et technique tant la voie scolaire que celle de l’apprentissage et ce, en profondeur. Au cœur de cette réforme, il y a ces dispositifs :

  • un cadre unique pour toutes les certifications nationales, du secondaire au doctorat;
  • les programmes et les certifications de la formation professionnelle et technique sont les mêmes pour la voie scolaire et celle de l’apprentissage et, de surcroît, ils sont définis par l’industrie via les conseils sectoriels australiens ;
  • les fournisseurs privés de formation peuvent offrir les programmes nationaux;
  • tous les fournisseurs de formation, tant publics que privés, doivent se faire accréditer pour offrir les programmes nationaux.

Précisons que derrière la réforme australienne, il y avait (et il y a toujours) une volonté politique forte d’intégrer un système éclaté de programmes et de certifications (jusque là les États régionaux avaient chacun leurs programmes et leurs certificats) et de faire de l’apprentissage (à l’instar des britanniques d’ailleurs), la principale stratégie pour affronter les défis actuels de la qualification de la main-d’œuvre, dont justement la formation de la main-d’œuvre pour les occupations intermédiaires étant entendu par ce terme, les emplois spécialisés et techniques.

Un cadre unique pour toutes les certifications nationales

L’Australian Qualifications Framework (AQF) donne un cadre unique à toutes les certifications nationales, peu importe comment elles sont acquises via la voie scolaire ou celle de l’apprentissage, via la formation ou la reconnaissance des compétences. Il y a dix niveaux de qualification dans l’AQF. Les niveaux de qualification sont décrits en termes de savoirs (knowledge) et de savoir-faire (skills), de capacités d’application des savoirs et savoir-faire (application of knowledge and skills) et de durée de formation (volume of learning). À ces dix niveaux de qualification correspondent seize certifications, allant du secondaire au doctorat.

Certifications de la formation professionnelle et technique selon le niveau de l’AQF et leur équivalence internationale

Certifications Australian Qualification frameworks (AQF) Classification internationale type de l’éducation (CITE)
Certificate I Niveau 1 2C
Certificate II Niveau 2 3C
Certificate III Niveau 3 4B
Certificate IV Niveau 4 5B
Diploma Niveau 5
Advanced diploma Niveau 6
Vocational graduate certificate Niveau 8 5A
Vocational graduate diploma Niveau 8

Source : UK Commission fo Employment and Skills, International approaches to the development of intermediate level skills and apprenticeships, Case study report, UKCES, Evidence Report 42, volume 2, January 2012, p.9

Pour établir une correspondance avec la réalité québécoise, disons que les niveaux 1 et 2 de l’AQF correspondent aux programmes Formation préparatoire au travail et Formation menant à l’exercice d’un métier semi-spécialisé, alors que le niveau 3 correspond aux programmes des centres de formation professionnelle DEP, ASP, AEP et le niveau 4 aux DEC, AEC. Pour plus de détails sur les correspondances entre la CITE et les certifications canadiennes, téléchargez ce document.  Pour plus de détails sur l’AQF, consultez le site internet du cadre national de certification australien.

Les mêmes programmes et les mêmes certificats ou diplômes peu importe la voie via laquelle les compétences sont acquises

L’AQF s’accompagne de national training packages universels. Que les programmes soit dispensés via la voie scolaire ou celle de l’apprentissage, ce sont les mêmes compétences qui doivent être acquises et qui donnent lieu aux mêmes certificats ou diplômes reconnus nationalement. Voici deux tableaux présentant les training packages les plus populaires pour la voie de l’apprentissage.

Répartition des apprentis dans les training packages les plus populaires en 2010 – programmes menant à des professions techniques ou des métiers spécialisés (technicians and trades workers)

(,000)
Construction, Plumbing and Services Integrated Framework 23,7
Electrotechnology 11,1
Automotive Industry Retail, Service and Repair 10,4
Metal and Engineering 9,3
Tourism, Hospitality and Events 6,7
Hairdressing 6,0
Manufacturing 5,6
Amenity Horticulture 3,8
Furnishing 2,9
Australian Meat Industry 2,3
Other training packages 13,3
Total 95,1

Répartition des apprentis dans les training packages les plus populaires en 2010 – programmes menant à des occupations « non trades »

(,000)
Business Services 59,9
Retail Services 42,2
Tourism, Hospitality and Events 21,3
Transport and Logistics 19,9
Community Services 19,4
Financial Services 6,7
Manufacturing 5,5
Asset Maintenance 4,7
Australian Meat Industry 4,4
Resources and Infrastructure 4,1
Other training packages 30,4
Total 218,4

Les training packages sont définis par les Industry Skills Councils (ISCs). Les conseils sectoriels australiens sont des organismes paritaires à but non lucratif financés par le gouvernement qui s’apparentent, dans leur composition et leur mandat, aux comités sectoriels de main-d’œuvre québécois.

Les training packages souscrivent à l’approche par compétences. Pour l’essentiel, ils se composent de trois référentiels : un référentiel de compétences (national competency standards), un référentiel de certifications (national qualifications) et un référentiel d’évaluation (assesment guidelines). Le périmètre d’un training package correspond à une famille d’occupations liées entre elles par un métier, une industrie, ou les deux. C’est comme si au Québec, il existait une grande matrice intégrant toutes les compétences des DEP, ASP, AEP, PAMT, DEC, AEC d’une même famille d’occupations. Chacune des certifications puise et combine les unités de compétences de la matrice qui sont pertinentes à son obtention. Donnons un exemple concret, la coiffure.

Certifications de la coiffure selon le niveau de l’Australian Qualification Frameworks (AQF)

Certificate II in Hairdressing Niveau 2
Certificate III in Hairdressing Niveau 3
Certificate IV in Hairdressing Niveau 4
Diploma of Salon Management Niveau 5
Vocational Graduate Certificate in Hairdressing Creative Leadership Niveau 8

Tel que nous pouvons le constater, les certifications sont graduées de telle sorte qu’elles rendent visibles les parcours de progression professionnelle possibles, parcours par ailleurs encouragés par un système de reconnaissance de compétences basé sur des crédits d’apprentissage. C’est là un autre avantage du cadre national de certification.

Poursuivons sur le training package de la coiffure.

  • Le référentiel de compétences définit les unités de compétences utiles à l’exercice de toutes les occupations de la coiffure. Dans ce référentiel, il y a des unités de compétences spécifiques à la coiffure : basin services, client service (ex. greet and prepare clients for salon services), colour lighteninghaircuttinghair designhair reformationhair scienceindustry (ex. participate in a session styling team), occupational health and safetytechnical leadersphip (ex. work as a session stylist). Et des unités de compétences périphériques qui bien qu’appartenant à d’autres famille d’occupations, n’en définissent pas moins l’exercice de la coiffure dans certains milieux, comme par exemple, design and apply make-up for photography une norme du training package beauty, pour les coiffeurs-maquilleurs qui oeuvrent dans l’industrie de la mode.
  • Le référentiel d’évaluation précise pour chacune des unités de compétences, les éléments de compétences accompagnés de critères de performance, des savoir-faire (skills) et des connaissances (knowledges), de même que des consignes ou conseils relatifs aux contextes et méthodes d’évaluation.
  • Enfin, le référentiel de certifications donne la liste des certificats de la coiffure et pour chacun précise les unités de compétences pertinentes et des consignes relatives à la combinaison de ces unités pour son obtention. Ainsi, pour la coiffure, il y a cinq certificats qui correspondent chacun à un niveau du Cadre national de qualification australien :

Ajoutons à cela que les certifications comprennent tous le même socle de compétences favorisant l’employabilité (employability skills) que l’on définit ainsi : « skills required not only to gain employment, but also to progress within an enterprise so as to achieve one’s potential and contribute successfully to enterprise strategic directions ». Il y en a huit : communication, teamwork, problem solving, initiative et enterprise, planning et organising, self-management, learning, technology.

Tous ces éléments donnent un système modulaire et flexible. Les individus peuvent s’engager dans un programme et recevoir le certificat auquel il mène, ou encore, suivre différents cours sans viser la certification et se voir reconnaître les unités de compétences qu’ils ont complétées. Programmes et cours sont conçus sur la base d’unités de compétences pour lesquels il y a un certain nombre crédits d’apprentissage correspondant. Ainsi, les individus ont la garantie que les compétences leur sont reconnues dans le passage d’une certification à une autre, au sein d’un même famille de métier ou d’une famille de métiers à une autre, peu importe avec quels fournisseurs de formation ils les ont acquises.

De la même façon, une entreprise peut choisir des programmes ou des cours, voire même, se faire concevoir une formation sur mesure en combinant des unités de compétences de différentes certifications et/ou de différents training package.

Les training packages sont conçus pour être ajustés ou modifiés. Les RTOs ont cette latitude : « to customise a course by adding, deleting, substituting or modifying the units of competency on which the course is based ». Ils doivent le faire néanmoins en suivant certaines règles. Ils ont aussi la possibilité de créer un programme.

Les prestataires de formation

Les prestataires de formation qui souhaitent dispenser les programmes de formation professionnelle ou technique en Australie et émettre les certifications nationales correspondantes doivent devenir une Registered training organisation (RTO).

Dans le cadre de l’apprentissage, les RTOs dispensent la partie off-the-job training, la partie on-the-job training étant sous la responsabilité de l’employeur.

Pour devenir une RTO, un prestataire de formation doit se conformer aux normes gouvernementales de l’Australian Quality Training Framework (AQTF) et se faire accréditer en vertu de l’AQTF. Même les établissements de formation publics doivent se faire accréditer. L’accréditation donne lieu à un contrôle serré. En effet, les RTOs sont audités pour leur première accréditation, à l’intérieur des 12 premiers mois de leurs activités, en réponse à des plaintes, avant le renouvellement de leur accréditation qui vient aux cinq ans.

En 2010, on dénombrait plus de 5 000 RTOs. Globalement, il en existe deux types : les établissements publics, des TAFE colleges and institutes majoritaires (environ 2 000) et les non-TAFE providers qui incluent des firmes privées de formation, des organisations à but non lucratif, des regroupements d’entreprises et des entreprises.

Les différents types de Registered Training Organisations (RTOs)

Nb %
Commercial training organisations 1 371 43,8
Industry organisations 876 28,0
Adult/community providers 430 13,8
Enterprise-based organisations4)Un des aspects le plus étonnant du système des RTOs australiennes, c’est cette possibilité qu’ont des entreprises dont la formation n’est pas la mission première de se faire accréditer pour dispenser un programme de formation national et délivrer le certificat correspondant. 208 6,7
Other organisations 242 7,7
Total 3 127 100,0

Source : NCVER, Private training provider in Australia, their characteristics and training activities, 2006, p. 18

Les lecteurs intéressés à connaître les normes de l’AQTF et les modalités d’accréditation, peuvent consulter ces documents AQTF Essentiel Standards for Registration et AQTF Guide for RTOs. En ce qui a trait aux RTOs du secteur privé, ils ont fait l’objet d’une étude approfondie publiée en 2006 par le NCVER et intitulée Private training provider in Australia, their characteristics and training activities.

Le financement

Les apprentis sont salariés et leur salaire augmente tout au long de la durée du programme. Les RTOs reçoivent des fonds publics pour la partie off-the-job training du contrat d’apprentissage. Les employeurs reçoivent 1,250 dollars australiens pour un apprenti qui débute un programme qui mène à une certification de niveau 2 ou 1,500$ lorsqu’il s’agit d’un programme qui mène à une certification de niveau 3, 4 ou plus. Lorsqu’un apprenti obtient son certificat, l’employeur reçoit 2,500$ supplémentaires.

À ces incitatifs s’en ajoutent d’autres. Il y a, entre autres, des incitatifs spéciaux pour les programmes menant à des occupations pour lesquelles il y a de forts besoins de main-d’œuvre (National Skills Needs List) ou pour les travailleurs plus âgés ou au contraire, pour les jeunes à risque de décrochage scolaire.

Conclusion

Aujourd’hui, la formation professionnelle et technique australienne se caractérise par une absence de distinction entre formation initiale et continue, qu’elle doit à son universalité, par sa flexibilité en raison d’un système modulaire sophistiqué et par une grande diversité de programmes bien adaptés au marché du travail. La Grande-Bretagne observe l’expérience australienne de près pour toutes ces raisons et une autre aussi, qu’elle lui envie tout particulièrement, son efficacité à former la main-d’œuvre intermédiaire, ce pays ayant beaucoup de mal à le faire. Pour nous qui partageons ce problème – et quelques autres aussi – le système d’apprentissage australien peut être une bonne source d’inspiration, bien davantage même que le système dual que l’on donne toujours en référence, mais dont nous sommes plus éloignés culturellement.

Notes   [ + ]

1. La notion on-the-job training signifie : « activities that would be recognised as training by staff (not the sort of learning by experience that could take place all the time), where this activity takes place at the desk or place where the person receiving the training usually works ». Alors que la notion off-the-job training signifie « all training given away from the individual’s immediate work position. It can be given at your premises or elsewhere ».
2. Pour faire un parallèle avec le Québec, les Technical and Further Education regroupe sous le même toit l’enseignement professionnel du secondaire et l’enseignement technique des cégeps.
3. La formation professionnelle et technique est l’équivalent québécois de la Vocational Education and Training (VET) que les européens désignent sous l’appellation d’Éducation et formation professionnelle (EFP). La VET englobe la formation initiale et continue dispensées via la voie scolaire ou la voie de l’apprentissage.
4. Un des aspects le plus étonnant du système des RTOs australiennes, c’est cette possibilité qu’ont des entreprises dont la formation n’est pas la mission première de se faire accréditer pour dispenser un programme de formation national et délivrer le certificat correspondant.
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